La RDC réussira-t-elle à se tirer d’affaire après le rendez-vous crucial entre Tshisekedi et Kagame à Washington ? La question est maintenant sur toutes les lèvres. Cependant, à la veille de la rencontre entre la RDC et le Rwanda à Washington, un cadre de l’Union sacrée, Steve Mbikayi, rappelle une réalité que beaucoup ressentent sans toujours oser la dire : ce sommet du 4 novembre inspire plus de doutes que d’espoirs. L’ancien ministre estime que ce rendez-vous présenté comme un moment historique pourrait aussi devenir une grande désillusion.
Il rappelle que le Congo arrive à Washington après trente années de violences répétées dans l’Est, trente années où les accords se sont succédé sans jamais mettre fin aux agressions. Pour lui, il serait dangereux de croire qu’une simple poignée de main suffira à transformer un conflit aussi profond. Il parle d’un pays suspendu entre l’espoir et la méfiance, mais il insiste surtout sur la prudence, car les erreurs diplomatiques se paient toujours très cher.
Dans son analyse, Steve Mbikayi souligne que l’histoire offre des exemples positifs, comme la paix entre la France et l’Allemagne. Mais il ajoute immédiatement que ces comparaisons ne doivent pas endormir la vigilance congolaise. Selon lui, rien ne peut changer tant que Kigali ne prouve pas clairement qu’il renonce aux logiques d’agression. Il rappelle que trop de négociations ont déjà tourné au trompe-l’œil, avec des promesses jamais respectées. Il évoque même la possibilité que l’accord prévu à Washington ne soit qu’un texte de plus, destiné à rassurer l’opinion internationale sans rien régler sur le terrain.
La question centrale, selon lui, reste toujours la même : que vaut une paix signée si, dans quelques mois, les mêmes violences reprennent ? Cette interrogation est au cœur de sa tribune, et elle domine tout son raisonnement.
L’ancien ministre met également en avant la responsabilité qui repose sur les épaules du président Félix Tshisekedi. Il pense que le chef de l’État doit surtout éviter la naïveté et refuser tout accord qui manquerait de garanties solides. Les conditions posées sont claires : arrêt total du soutien rwandais au M23, retrait réel des combattants, mécanisme international strict et respect absolu des frontières congolaises. Sans cela, dit-il, un accord signé à Washington pourrait même affaiblir la RDC en donnant une fausse impression de paix.
Il demande au peuple congolais d’accompagner ce moment avec maturité, mais aussi avec suspicion, parce qu’une paix mal négociée peut créer plus de dangers qu’un conflit ouvert. Dans sa conclusion, Steve Mbikayi appelle à l’unité nationale pour soutenir le pays dans ce sommet, mais une unité lucide, sans illusions. Comme lors d’un match décisif, il invite majorité, opposition et société civile à faire bloc, tout en gardant en tête que la véritable bataille se jouera après Washington, dans la capacité du Rwanda à respecter ou non ce qu’il aura signé.








