Après plusieurs mois d’exil, craignant pour sa vie en RDC, l’opposant Moïse Katumbi brise le silence pour alerter sur l’état catastrophique du pays. Selon lui, la République démocratique du Congo traverse une période critique. Dans l’Est, les violences des groupes armés, notamment les ADF et le M23, continuent de provoquer morts, destructions et déplacements massifs de populations. À Kinshasa et dans le Kwango, les inondations et le manque de sécurité aggravent le quotidien des habitants. Pour Katumbi, l’État est absent et la population est laissée à elle-même face à ces multiples crises.
L’opposant dénonce également la situation économique qui fragilise encore plus les Congolais. Le taux de change a baissé, mais les prix des produits de première nécessité restent élevés. Les pénuries et l’inflation compliquent la vie quotidienne, tandis que les violences persistent dans de nombreuses provinces. Selon Katumbi, tout cela montre que le pays est quasi incontrôlable et que les autorités n’arrivent pas à répondre aux besoins essentiels de la population.
Pour lui, la seule solution reste le dialogue inclusif. Il rappelle que depuis la signature de l’accord à Doha, la guerre continue et que les civils souffrent toujours. Katumbi plaide pour un dialogue mené par la CENCO et l’ECC, capable d’inclure toutes les parties et de proposer des solutions concrètes pour rétablir la sécurité et protéger les déplacés de guerre. Ce dialogue pourrait, selon lui, sauver des vies et éviter le gaspillage de ressources dans des opérations inefficaces.
L’opposant se montre très critique vis-à-vis de l’accord de Washington prévu avec le Rwanda. Il estime que cet accord, bien qu’important sur le plan diplomatique, ne résoudra pas les crises internes si le gouvernement ne parle pas aux Congolais et n’agit pas pour restaurer la sécurité et l’économie. Selon lui, le président Félix Tshisekedi risque de créer un décalage entre les engagements internationaux et les réalités sur le terrain, laissant la population dans la peur et l’incertitude.
Katumbi avertit que les promesses diplomatiques doivent être accompagnées de mesures concrètes. Sans contrôle réel du territoire, sans retrait des forces armées étrangères et sans retour de la sécurité dans les zones touchées, tout accord signé à l’international restera symbolique. Il insiste sur la nécessité d’un dialogue interne pour que les Congolais soient véritablement impliqués et protégés. Sinon, la paix affichée à l’extérieur ne sera qu’un mirage et les tensions continueront de s’aggraver.
Enfin, l’opposant appelle à l’unité nationale autour d’un dialogue véritablement inclusif et transparent. Il affirme que seule une approche combinant sécurité, économie et participation de tous les acteurs pourra transformer les accords internationaux en solutions concrètes. Pour lui, le peuple congolais ne doit pas se contenter de promesses extérieures : les actes sur le terrain doivent correspondre aux paroles, sinon la RDC restera au bord du chaos, malgré les accords diplomatiques.








