La tension monte une fois de plus entre le pouvoir et l’opposition en République Démocratique du Congo.
À la suite de la décision du gouvernement de suspendre les activités de plusieurs partis politiques d’opposition et d’annoncer la saisine du Conseil d’État en vue de leur dissolution, les réactions se multiplient. Parmi les plus virulentes, celle de Seth Kikuni, président du parti politique Piste pour l’émergence, qui dénonce une “dérive dangereuse du régime Tshisekedi”.
Dans un message publié ce mardi 03 novembre 2025 sur son compte X, Seth Kikuni fustige ce qu’il qualifie de “décision prise sous le coup de l’émotion”, en référence au conclave de Nairobi organisé récemment par plusieurs figures de l’opposition congolaise.
« Par sa décision de suspendre nos partis et de saisir le Conseil d’État pour les dissoudre, le gouvernement Tshisekedi a franchi un seuil dangereux. Il a démontré ses limites, sa peur d’une opposition responsable, qui lui indique la voie à suivre », a-t-il déclaré.
Le jeune opposant estime que cette mesure constitue une violation flagrante des libertés publiques garanties par la Constitution.
« Nos droits civiques et politiques garantis par la Constitution ne sont pas négociables. Ce gouvernement illégitime ne peut les limiter », a-t-il martelé, avant d’ajouter :
« Parce qu’il se croit fort, qu’il aille jusqu’au bout de sa logique d’enfant manipulant un jouet, en faisant dissoudre des partis politiques et en créant, pour l’histoire, un fâcheux précédent. »
Seth Kikuni parle d’un “pouvoir aux abois”, incapable selon lui de répondre aux attentes du peuple congolais.
« Nous rejetons ces décisions puériles qui ne sont que la manifestation de la peur d’un pouvoir incapable d’apporter des réponses claires aux attentes du peuple et qui espère instaurer la peur pour se maintenir en violation des lois », a-t-il poursuivi.
L’opposant conclut sa réaction sur un ton de défi et d’engagement patriotique :
« Nous allons sauver la RDC. C’est un engagement total, irréversible, patriotique et citoyen. C’est une responsabilité historique… Sine missione. »
Cette sortie de Seth Kikuni intervient alors que plusieurs autres leaders de l’opposition, dont certains présents au conclave de Nairobi, ont également dénoncé une tentative d’“étouffer le pluralisme politique” à l’approche des échéances électorales.
Le gouvernement, de son côté, justifie sa décision par des “atteintes à la sûreté de l’État” et promet de “faire respecter la loi et l’ordre public”.
La scène politique congolaise semble ainsi entrer dans une nouvelle zone de turbulences, où le bras de fer entre le pouvoir et l’opposition s’intensifie, sur fond de contestation de la légitimité du régime en place.
Gabriel Musafiri








