Les Congolais vont encore devoir payer plus cher pour voyager. Le gouvernement vient d’instaurer une nouvelle taxe de 30 dollars applicable dans tous les aéroports du pays, en plus du GoPass de 55 dollars déjà en vigueur. Chaque passager devra désormais débourser 85 dollars avant tout vol, qu’il soit domestique ou international. La mesure, annoncée le lundi 3 novembre 2025 par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, suscite déjà une vague d’indignation à travers le pays.
Dans les aéroports comme dans les réseaux sociaux, la grogne est immédiate. De nombreux citoyens dénoncent une décision injuste qui frappe de plein fouet un peuple déjà appauvri.
« C’est une gifle pour un pays où le salaire moyen ne dépasse pas 100 dollars », dénonce un internaute.
Pour beaucoup, cette taxe symbolise la déconnexion du pouvoir face à la réalité du terrain. Les critiques rappellent que le GoPass, instauré sous Joseph Kabila, était déjà considéré comme une taxe sans impact visible. Ironie de l’histoire : ceux qui la combattaient hier l’alourdissent aujourd’hui. En campagne, plusieurs figures de l’actuel pouvoir promettaient d’y mettre fin, la jugeant abusive. Mais plutôt que de la supprimer, le régime Tshisekedi en crée une nouvelle, sans en préciser la destination exacte.
Face à un peuple en détresse, le pouvoir enfonce le clou en multipliant les taxes, se dit-on. Cette décision s’inscrit dans une logique purement budgétaire, sans lien avec l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Et pour cause : aucune trace concrète des fonds du GoPass n’a jamais été démontrée sur le terrain. Les aéroports restent délabrés, les services inexistants, et la transparence introuvable.
Beaucoup y voient une répétition du scandale de la taxe RAM, cette contribution prélevée sur les unités téléphoniques des citoyens et dont les millions collectés n’ont jamais eu d’impact visible : « C’est la même logique : prendre à la population sans rien donner en retour », s’indigne un militant de la société civile à Goma. Pour lui, ces nouvelles ponctions ne sont rien d’autre qu’une arnaque d’État, destinée à nourrir un système de prédation politique.
En ajoutant cette nouvelle taxe, le gouvernement prend le risque de creuser davantage le fossé entre les promesses de rupture et la réalité de gestion. Le régime Tshisekedi, qui se voulait porteur d’un changement de gouvernance, semble désormais prisonnier des mêmes pratiques qu’il dénonçait hier. Pendant ce temps, le citoyen congolais, lui, continue de payer, plus cher, mais pour le même service alors que ses conditions de vie sont déjà à désirer.








