L’ancien député national Daniel Nsafu a annoncé son adhésion officielle au M23 ce jeudi 11 décembre, une décision qui surprend une grande partie de l’opinion congolaise. Il y a quelques jours, il avait quitté Ensemble pour la République, le parti de Moïse Katumbi, en accusant la plateforme de ne pas vouloir adopter, selon lui, une ligne plus ferme pour pousser le régime actuel à recadrer ses tirs. Après sa démission, il s’était déjà rapproché du mouvement « Sauvons le Congo », dirigé par Joseph Kabila, que Kinshasa accuse, parfois même, d’être à l’arrière-plan du M23. Son choix de rejoindre directement la rébellion marque un pas supplémentaire et un signal politique fort.
Depuis plusieurs mois, aucune autre figure aussi connue de la scène politique congolaise n’avait rejoint le mouvement rebelle, ce qui rend l’annonce encore plus marquante. Elle intervient au moment où le M23 vient de s’emparer d’une troisième grande ville : Uvira. Cette avancée militaire rapide contre les FARDC a déjà créé une onde de choc dans le pays, et l’adhésion d’un acteur politique national ajoute une dimension nouvelle au conflit. Daniel Nsafu a confirmé lui-même son arrivée au sein du M23 et sa présence à Goma lors d’un appel avec le journaliste Stanys Bujakera ce jeudi.
Pour beaucoup d’observateurs, ce ralliement montre que le conflit prend désormais un tour plus politique que militaire. La présence d’un ancien député dans les rangs du M23 pourrait donner au mouvement une visibilité et une légitimité de plus qu’il n’avait pas encore sur la scène politique nationale. Cette décision risque également d’alimenter les accusations du gouvernement, qui pointe depuis longtemps une alliance entre certains opposants et la rébellion. Pour l’instant, Daniel Nsafu assume pleinement son choix et affirme qu’il s’inscrit dans ce qu’il appelle une nouvelle lutte pour sauver la RDC.








