Plus de trois mois après l’ouverture de l’enquête sur la défaite des FARDC face au M23 dans le Nord et le Sud-Kivu, le dossier n’avance que lentement. Les autorités cherchent toujours à comprendre comment les positions militaires se sont effondrées aussi vite, malgré les moyens engagés. Cette lenteur alimente toujours les soupçons : possibles trahisons internes, problèmes dans la chaîne de commandement et mauvaise gestion des opérations. Comme l’a rapporté Jeune Afrique, plusieurs questions restent sans réponse.
L’enquête avait été lancée après la perte de plusieurs localités stratégiques, alors que le M23 soutenu selon l’ONU par l’armée rwandaise, progressait rapidement. Depuis, une vingtaine de généraux et d’officiers supérieurs ont été entendus, et certains placés en résidence surveillée pour des faits liés à la sécurité de l’État. Le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, parle d’un dossier complexe sans donner de calendrier pour la suite. Parmi les officiers concernés figurent le général Franck Ntumba, le général Christian Tshiwewe et Christian Ndaywel Okura, tous anciens responsables importants dans la hiérarchie militaire.
L’arrestation récente à Kisangani du lieutenant-général Pacifique Masunzu a élargi les investigations. Plusieurs sources parlent de détournements de fonds, de failles logistiques volontairement entretenues et de contacts suspects avec Kigali. Le cas de Marcel Kabeya, un proche du général Ntumba, libéré mais toujours surveillé, montre que l’enquête cherche aussi à comprendre le rôle des collaborateurs. De son côté, la Garde républicaine a retiré de Kinshasa certains militaires qui travaillaient auprès de ces officiers, estimant que leur présence pouvait créer des risques pour la sécurité du président.
Plusieurs ONG dénoncent toutefois le manque de transparence dans cette procédure : des détentions prolongées, un accès parfois limité aux avocats et très peu d’informations rendues publiques. La CNDH, qui a visité les lieux de détention, confirme cependant que les conditions sont bonnes. Mais, pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour un éventuel procès. Le parquet militaire dit poursuivre les investigations, tandis que la présidence laisse entendre qu’un remaniement plus large dans l’armée pourrait suivre. En attendant, le M23 reste actif sur le terrain, et l’armée congolaise continue de faire face à une crise profonde.








