La présidence de la République en RDC continue de creuser l’écart entre les institutions et la population. Selon le Plan d’engagement budgétaire (PEB) du quatrième trimestre 2025, près d’un milliard de dollars (2.839,2 milliards de CDF au taux de 2.850 FC le dollar) ont été dépensés par la présidence à la fin du troisième trimestre 2025, un montant record depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir. Cette consommation de fonds dépasse largement les crédits annuels prévus, évalués à 416 millions de dollars, et soulève de nombreuses interrogations sur la priorité accordée aux dépenses institutionnelles plutôt qu’au bien-être des Congolais.
L’analyse des postes de dépenses montre que toutes les rubriques ont été largement dépassées. Le personnel de la présidence a coûté 493 milliards de CDF, le fonctionnement quotidien 569,9 milliards, tandis que les transferts et interventions de l’État ont atteint 1.297,3 milliards de CDF. Malgré ce train de vie hors norme, le ministère du Budget a accordé pour le quatrième trimestre seulement 87,2 milliards de CDF supplémentaires à la présidence. Les chiffres sont parlants : alors que les institutions se gavent de ressources, les routes restent délabrées, les hôpitaux et écoles manquent cruellement de moyens, et une large partie de la population vit avec moins d’un dollar par jour.
Déjà au terme du premier semestre 2025, les dépenses de la présidence avaient atteint 1.187,7 milliards de CDF (416 millions USD). Ce cumul sur trois trimestres met à nu un déséquilibre indiscutable : l’augmentation du budget national profite avant tout aux institutions, tandis que les promesses répétées de réduire le train de vie de l’État restent lettre morte. Pour beaucoup d’observateurs et de citoyens, cette surconsommation pose un problème de justice sociale et interroge sur la véritable volonté du régime à améliorer les conditions de vie des Congolais.
En pleine crise sociale, cette gestion budgétaire soulève la question de l’efficacité et de l’éthique des dépenses publiques. Les enseignants, médecins et militaires, dont les salaires peinent à suivre l’inflation, observent avec amertume le gaspillage des fonds. Certains analystes vont jusqu’à estimer que 70 % du budget national serait finalement consommé par les seules institutions, au détriment des services publics essentiels et des plus vulnérables. Face à cette réalité, la présidence semble plus préoccupée par son train de vie que par la misère quotidienne du peuple congolais.








