Ce à quoi la République démocratique du Congo a assisté le mercredi 20 décembre était prévisible. Alors que les élections sous Félix Tshisekedi ont été les mieux financées de l’histoire du pays, Denis Kadima a offert au pays une véritable parodie électorale. Nombreux observateurs se demandent s’il faut même réellement parler d’élections ou d’un jeu électoral, tant les irrégularités ont dépassé tout attendement.
Sur le terrain, jusqu’à 18h, heures prévues pour la fin des opérations, de nombreux centres n’étaient pas prêts à opérer, faute de kits électoraux disponibles. Des fraudes électorales ont été signalées ça et là, des machines ayant été détenues par des particuliers peu avant les élections.
Par ailleurs, les listes électorales sont restées inafichées dans nombreux centres, des électeurs se sont vus absents sur les mêmes listes. La lenteur liée à l’inexpérience ou au manque de formation des agents, l’insuffisance totale ou partielle des kits électoraux dans nombreux bureaux et centres de vote, etc.
Une situation qui a tout naturellement provoqué des heurts dans plusieurs coins du pays suite à une population montée contre la désorganisation du vote alors que la RDC est à sa quatrième expérience consécutive. Très vite, Denis Kadima a été réputé être le pire de 4 acteurs qui ont chapeauté la CENI depuis 2006.
Mais, certains encore se consolent. Car, ils estiment que les Congolais ne devraient pas s’attendre à mieux que cela. Ils en veulent pour preuve la façon dont l’État est gouverné et estiment que ce qui arrive n’est que la résultante d’une gouvernance à tâtons.
À la face du monde, le Congo est maintenant la risée du monde. Tous les médias étrangers qui ont déployé des reporters sur le terrain rapportent des faits qui font honte à la République et à son peuple. Ils présentent ces scrutins comme un vote hors-norme, un hold-up et un raté.
L’opposant Olivier Kamitatu, quand à lui, parle d’un ridicule grotesque et d’une tragédie et y voit une fraude électorale sciemment programmée en faveur du régime. Mais, il promet que son camp restera vigilant jusqu’à la proclamation des résultats bureau de vote par bureau de vote.
Ce proche de Moïse Katumbi dit rester confiant et soutient que l’heure de la fin du clientélisme au sommet de l’Etat a sonné.
« Bravo monsieur Kadima ! Partout c’est la confusion, le désordre, les retards et le chaos… Les situations indescriptibles s’accumulent à travers tout le pays ! Finalement, ces élections sont à l’image du régime : entre le ridicule, le grotesque et le tragique ! Dans tous les cas, le lendemain risque d’être bien pire que la veille ! Ce soir, pour protéger les voix du candidat no 3 et casser les circuits de la fraude planifiée et organisée, nous veillerons devant les bureaux de vote jusqu’à la publication des résultats et la remise des procès-verbaux à nos témoins. L’optimisme de la volonté fait dire que ces élections sont une chance d’en finir avec le rabaissement de la RDCongo ! Il faut la saisir ! », a-t-il dit.
Certains internautes estiment que le chaos a ainsi été préparé pour faciliter la fraude électorale en faveur du régime qui, du reste, affirme les élections sont bien organisées, si l’on s’en tient à un communiqué du gouvernement congolais publié le même mercredi.
La proclamation des résultats est prévu le dimanche 31 décembre. Mais, le taux de participation risque d’être trop bas, étant donné que la plupart des électeurs sont ceux ont été déçus jusqu’à rabrousser chemin. Ce 31 décembre risque d’être le début d’une terrible incertitude si jamais la CENI décidait de proclamer vainqueur le candidat du pouvoir après toutes ces irrégularités.
Charles Mapinduzi








