La politique de l’emploi des jeunes sous Félix Tshisekedi continue d’alimenter de vifs débats, en particulier du côté de l’opposition. Depuis son exil, André Claudel Lubaya estime que les sept dernières années ont été marquées par une succession de discours sans cohérence et par un manque criant de résultats concrets. Selon lui, les trois prises de position du chef de l’État, en 2023, 2024 et 2025, se contredisent profondément et traduisent une gouvernance hésitante dans un domaine pourtant crucial : celui de l’emploi.
Tout avait commencé avec la promesse électorale des 6,5 millions d’emplois, présentée comme l’un des piliers du programme gouvernemental de 2024. Une ambition jugée irréalisable par Lubaya, qui pointe l’absence totale de planification, de réformes sectorielles ou de mécanismes institutionnels permettant de concrétiser un tel objectif. Après quelques mois, la promesse disparaît discrètement des priorités officielles, sans explication, laissant place à un silence devenu le seul véritable bilan.
En décembre 2024, la ligne présidentielle bascule. Félix Tshisekedi affirme désormais que la création d’emplois n’est pas une mission de l’État mais une responsabilité individuelle incombant aux jeunes. Un revirement radical qui, selon l’opposant, traduit non seulement l’absence de vision économique, mais aussi un désengagement flagrant du pouvoir face à une crise sociale qui touche des millions de jeunes Congolais.
Le plus récent épisode survient lors de la Table ronde de novembre 2025, où le chef de l’État présente un “Pacte national pour l’emploi” sans calendrier, sans budget et sans mécanisme de suivi. L’absence remarquée de la Première ministre, alors en déplacement privé à l’étranger, a renforcé l’impression d’un exécutif déconnecté de l’urgence sociale. Pour Lubaya, ce pacte n’est qu’un slogan de plus, destiné à masquer l’absence de résultats réels.
Au final, entre promesses ambitieuses, renoncements assumés et initiatives dépourvues de substance, le pouvoir semble naviguer à vue sur le dossier de l’emploi des jeunes. Pendant ce temps, des millions de jeunes Congolais continuent d’affronter un chômage massif et un horizon professionnel presque fermé. Pour Lubaya, le plus préoccupant n’est pas seulement le manque de résultats, mais le sentiment croissant que la jeunesse reste livrée à elle-même, sept ans après les promesses initiales.







