Kinshasa, — Le président du parti Piste pour l’Émergence, Seth Kikuni, affirme être privé de son passeport depuis plus d’un mois, dénonçant une mesure « arbitraire » prise par la Direction Générale de la Migration (DGM) à la suite de son arrestation par l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) à l’aéroport international de N’djili.
Dans un message rendu public ce mardi 18 novembre sur ses comptes réseaux sociaux, l’opposant politique assure que cela fait 31 jours que son document de voyage lui a été retiré « sans aucune justification valable » et en dehors de tout cadre légal.
« Rendez-moi mon passeport. Cela fait 31 jours que mon passeport a été confisqué de manière arbitraire par la DGM… Aucune raison valable n’a été fournie pour justifier cette violation de mes droits fondamentaux », déclare Seth Kikuni.
Accusations de chantage et d’intimidation
Seth Kikuni affirme avoir entrepris plusieurs démarches pour récupérer son passeport, mais celles-ci seraient restées vaines. Il accuse la DGM et certaines autorités de lui opposer « chantage », « intimidation » et même des « propositions indécentes ».
Selon lui, cette situation équivaut à une violation directe de sa liberté de circulation, liberté garantie par la Constitution de la République démocratique du Congo.
« Je me retrouve une fois de plus prisonnier d’un régime qui bafoue mon droit constitutionnel à la libre circulation », déplore-t-il.
Un rappel des textes juridiques
Dans sa sortie publique, l’homme politique cite plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux qu’il estime violés :
La Constitution de la RDC, en particulier son article 30 qui garantit la liberté de circulation ;
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (article 13) ;
Le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (article 12) ;
La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (article 12).
Il indique également se réserver le droit de saisir la justice congolaise pour sanctionner ce qu’il qualifie d’« atteinte grave » à ses droits fondamentaux.
Jusque-là, aucune autorité compétente n’a encore réagi publiquement aux accusations de Seth Kikuni ni aux circonstances exactes de la confiscation de son passeport.
Cette affaire intervient dans un climat politique déjà tendu, où plusieurs figures de l’opposition dénoncent des pratiques qu’elles qualifient d’entraves à leurs libertés civiles et politiques.
Gabriel Musafiri








