Félix Tshisekedi est arrivé mercredi dernier dans la soirée à Belém, dans le nord du Brésil, pour participer à la 30e Conférence des parties sur le changement climatique (COP30). L’annonce a été faite par sa porte-parole, Tina Salama, qui souligne qu’il s’agit de la première participation du chef de l’État congolais à un sommet climatique mondial depuis la COP26 de Glasgow, en 2021. Le président congolais, solidaire des efforts de son homologue brésilien Luiz Lula da Silva, entend mobiliser la communauté internationale autour d’un plaidoyer fort pour la conservation des forêts tropicales et la mise en œuvre du projet “Couloir vert”, une initiative régionale portée par la RDC.
Belém, capitale de l’État du Pará et cœur battant de la forêt amazonienne, accueille cette semaine plus de 143 délégations venues du monde entier, dont près d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement. Cette édition de la COP revêt une symbolique particulière : elle se tient dans l’un des trois grands bassins forestiers tropicaux du monde, aux côtés du Congo et de l’Indonésie.
« Aucune réflexion mondiale sur le climat ne peut se faire sans la RDC », rappelle la présidence congolaise, qui met en avant la biodiversité exceptionnelle du pays et son rôle clé dans la régulation climatique planétaire. Félix Tshisekedi doit s’adresser au Sommet des chefs d’État ce 6 novembre pour présenter la vision de la RDC en tant que “pays solution”, un concept qu’il défend depuis le début de son mandat.
Pour Kinshasa, cette participation n’est pas seulement diplomatique : elle traduit la volonté du pays de transformer son potentiel écologique en levier de développement durable. La RDC abrite environ 10 % de la forêt équatoriale mondiale et dispose d’un écosystème capable d’absorber des milliards de tonnes de CO₂ chaque année. Des scientifiques et écologistes saluent cette prise de parole au plus haut niveau : « La RDC représente un pilier biogéochimique pour la stabilité du climat mondial », a commenté un internaute congolais sur les réseaux sociaux.
« Promouvoir le Couloir vert dans ce contexte est scientifiquement légitime et crucial », a-t-il soutenu.
En mettant l’accent sur le “Couloir vert”, Félix Tshisekedi souhaite renforcer la coopération entre les pays forestiers et les institutions financières internationales pour garantir une compensation juste et durable des services écologiques rendus par ces écosystèmes. Ce corridor écologique ambitionne de relier les zones forestières du bassin du Congo, de l’Amazonie et de l’Asie du Sud-Est afin de créer une alliance stratégique pour la planète. Le chef de l’État congolais veut ainsi replacer la RDC au centre des solutions climatiques mondiales et rappeler que la protection des forêts tropicales passe aussi par un financement équitable et une justice climatique au bénéfice des populations locales.
La participation de Félix Tshisekedi à la COP30 intervient dans un contexte où les négociations internationales sur le climat peinent encore à concilier responsabilités historiques des pays industrialisés et besoins de développement des nations forestières. Pour la RDC, le sommet de Belém est donc une opportunité politique et symbolique : celle d’affirmer son rôle stratégique sur la scène climatique mondiale, tout en exigeant des engagements concrets pour la valorisation des forêts du bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète.








