Le régime de Kinshasa poursuit sa descente dans la répression politique. Après le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de Joseph Kabila, plusieurs autres formations politiques viennent d’être suspendues : celles de José Makila, de Matata Ponyo, de Seth Kikuni et de Théophile Mbemba. Leur tort ? Avoir pris part au conclave de l’opposition tenu récemment à Nairobi, conclave qui a abouti à la création de la coalition “Sauvons le Congo”, perçue par le pouvoir comme une menace directe.
Ce qui n’était au départ qu’une simple rencontre politique s’est transformé, aux yeux du régime, en une tentative de subversion. Kinshasa accuse Joseph Kabila, figure centrale de cette nouvelle plateforme, d’être le commanditaire caché du M23. Une accusation qui sert désormais de prétexte pour étouffer toute voix critique. En suspendant ces partis, le pouvoir de Félix Tshisekedi ne cache plus son intention : réduire l’espace politique à une seule ligne, la sienne.
Depuis plusieurs mois, l’opposition dénonce une dérive autoritaire marquée par l’intolérance et la fermeture du débat politique. Les rares formations qui osent s’exprimer en dehors de la mouvance présidentielle subissent intimidations, arrestations ou retraits d’agrément. Les médias critiques sont muselés, les marches pacifiques systématiquement réprimées. Une atmosphère de peur et de méfiance s’installe progressivement, marquant le retour des vieux démons d’un pouvoir unique.
Cette suspension en cascade des partis politiques signe une nouvelle étape dans la consolidation d’une pensée unique, contraire aux idéaux démocratiques que Tshisekedi avait lui-même défendus à son arrivée au pouvoir. Les observateurs y voient une contradiction flagrante entre le discours d’ouverture et la pratique du pouvoir. Derrière le slogan du “changement”, se dessine une volonté d’exclure toute alternative, toute contestation.
Pendant ce temps, plusieurs figures de l’opposition sont déjà contraintes à l’exil, tandis que d’autres vivent sous la menace permanente d’arrestations arbitraires. L’espace démocratique, jadis conquis au prix de luttes acharnées, se referme lentement mais sûrement. Le pays glisse vers une uniformisation politique, où toute différence d’opinion devient synonyme d’hostilité envers le pouvoir.
Face à cette situation, l’opposition réclame l’ouverture d’un dialogue politique national pour désamorcer la tension et relancer un véritable processus démocratique. Mais Félix Tshisekedi semble s’y opposer fermement, préférant gouverner sans contrepoids, au risque d’enfoncer davantage le pays dans la crise politique et sécuritaire.
Alors que la République démocratique du Congo se veut une nation pluraliste, le spectre d’une dictature nouvelle génération plane à nouveau sur Kinshasa. Ceux qui osent encore parler de démocratie commencent à le faire à voix basse, dans un pays où penser autrement devient désormais un acte de courage.








