Kinshasa, le 22 octobre 2025 — Les travaux de l’atelier sur les défis de l’intégration de la médecine traditionnelle dans le système national de santé se sont achevés ce mardi au Centre culturel , relevant de l’Institut National de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS).
L’objectif de cette rencontre était d’identifier les obstacles à une meilleure intégration de la médecine traditionnelle dans les structures de soins, tout en explorant les pistes d’harmonisation avec les pratiques biomédicales modernes. Les échanges ont porté sur des questions clés telles que la validation scientifique des remèdes traditionnels, le renforcement du cadre réglementaire, la protection des savoirs endogènes et la formation des praticiens.
Dans son mot de clôture, le Prof. Dr. Nyembue Tshipukane Dieudonné, Directeur général de l’IRSS, a salué la qualité des débats et l’engagement des participants.
« La médecine traditionnelle n’est pas une pratique marginale, mais un patrimoine scientifique et culturel qu’il faut étudier, valoriser et encadrer », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’un dialogue constant entre chercheurs et praticiens.
Le Professeur Nyembue a également rappelé la volonté de l’IRSS de faire du CMMASS un pôle d’excellence en matière de recherche et de promotion de la médecine intégrée :
« Notre vision est celle d’un système de santé inclusif, capable d’offrir aux populations des soins de qualité fondés sur des preuves scientifiques, qu’ils proviennent de la médecine moderne ou traditionnelle. »
Le DG a ensuite plaidé pour la franche collaboration entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne.
«Vous savez, la médecine traditionnelle existe depuis bien longtemps, avant même la médecine moderne. D’ailleurs, plusieurs médicaments actuels tirent leur origine de la phytothérapie, c’est-à-dire des plantes. Il est donc essentiel de favoriser la collaboration entre les deux approches. De nombreux pays africains et d’autres régions du monde ont déjà franchi cette étape et ont établi des cadres de coopération entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne».
Le DG a pour finir, donné les nouvelles perspectives qui n’ont un autre objectif que celui d’améliorer la qualité de vie des patients.
«Les prochaines étapes consistent d’abord à poursuivre la sensibilisation et à identifier les praticiens de la médecine traditionnelle qui évoluent dans ce domaine. Nous avons déjà observé certains d’entre eux dont les produits ont fait l’objet de preuves scientifiques. La prochaine phase sera donc d’élaborer un protocole d’accord de collaboration en matière de prise en charge des patients, afin de comparer et d’articuler le travail réalisé au niveau de la médecine traditionnelle et celui mené au sein du Centre de médecine conventionnelle. L’objectif est d’améliorer ensemble la qualité de vie des patients».
Les participants ont formulé plusieurs recommandations, notamment la mise en place d’un cadre national d’homologation des produits issus de la pharmacopée traditionnelle, la création de programmes de formation conjointe pour les chercheurs et les tradipraticiens, ainsi que le renforcement des partenariats entre institutions scientifiques et communautés locales.
En clôturant les travaux, le Directeur général de l’IRSS a réaffirmé l’engagement de son institution à poursuivre les efforts de recherche appliquée et à soutenir la valorisation des savoirs traditionnels dans une approche scientifique rigoureuse.
Ce forum ouvre donc un nouveau cadre de travail, fondé sur la reconnaissance mutuelle, la rigueur scientifique et le souci du bien-être des malades.
Organisé du 21 au 22 octobre à Kinshasa, cet atelier a réuni des chercheurs, des praticiens de la médecine traditionnelle, des représentants du ministère de la Santé publique, ainsi que des partenaires techniques et scientifiques.
Gabriel Musafiri








