Kinshasa, le 18 octobre 2025 .Au terme du conclave de Nairobi initié par l’ancien président Joseph Kabila, la prise de parole de l’opposant congolais Seth Kikuni a attiré l’attention par son ton à la fois poétique et déterminé.
Dans une publication lapidaire, il a affirmé :
« Objectif du week-end : Rentrer au pays et traverser la vallée de l’ombre de la mort sans rien craindre. », a écrit l’ancien candidat président de la République, Seth Kikuni, sur son compte X ce vendredi.
Cette formule, forte et symbolique, alimente les interprétations dans les milieux politiques et médiatiques à Kinshasa.
Un message chargé de symboles. La « vallée de l’ombre de la mort » évoque immédiatement l’imagerie biblique du Psaume 23, verset 4, où le croyant affirme ne rien craindre car Dieu est à ses côtés. En choisissant ce vocabulaire, Seth Kikuni semble projeter son engagement politique dans une dimension spirituelle et sacrificielle : il se pose comme une figure prête à affronter l’adversité, les risques, sans reculer.
Certains analystes voient dans cette métaphore une allusion directe à la situation instable à laquelle pourrait être confronté un retour en République démocratique du Congo (RDC) : menaces sécuritaires, intimidations politiques ou mesures judiciaires. D’autres y détectent un appel à la mobilisation morale, voire une sorte de promesse de foi envers son électorat : « je suis prêt à affronter les pires dangers, je ne faiblirai pas ».
Le conclave organisé à Nairobi visait à jeter les bases d’une plateforme d’opposition contre le pouvoir du président Félix Tshisekedi, qu’ils accusent de dérive autoritaire. À l’issue de ces assises est née la nouvelle coalition « Sauvons la RDC », regroupant des figures comme Matata Ponyo, Frank Diongo et Seth Kikuni lui-même.
L’importance de ce rassemblement est double : d’une part, il marque une tentative de recomposition de l’opposition autour d’un socle commun ; d’autre part, il cristallise les tensions entre partisans du dialogue structuré et acteurs politiques plus radicaux. Le message de Seth Kikuni s’inscrit dans cette dynamique : il paraît vouloir ancrer son engagement dans une posture héroïque, en assumant les risques de l’affrontement politique.
Gabriel Musafiri








