Kinshasa, le 14 octobre 2025 — Alors que la réunion de Nairobi, convoquée par l’ancien président Joseph Kabila, suscite des réactions au sein de la classe politique congolaise, Marcel Key Kadimba, cadre du parti Piste pour l’Emergeance de l’opposant Seth KIKUNI, a pris la parole pour défendre la participation de son leader et d’autres opposants et juger irrecevables les critiques qui condamnent leur participation à ces assises.
« Il y a eu Île de Gorée,
Il y a eu Genval,
il y a eu Afrique du Sud,
il y a eu Genève,
il y a eu accord de Nairobi (CACH). Toutes ces rencontres étaient de l’opposition contre Joseph Kabila sans une attitude belliqueuse, ils allaient et ils rentraient sans être inquiétés.
C’est cela aussi la Démocratie. », a-t-il réagit.
La réunion convoquée par Joseph Kabila à Nairobi pendant deux jours, qualifiée de conclave discret, réunit des personnalités de l’opposition congolaise. Parmi les invités : d’anciens ministres, des cadres du Front Commun pour le Congo (FCC), d’autres opposants et figures de la société civile.
Certains ténors de l’opposition n’ont pas participé à ce premier jour de la réunion, tels que Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Jean‑Marc Kabund, tandis que d’autres y participent.
Parmi les motivations avancées pour cette réunion : réévaluer la stratégie politique de l’opposition face au régime en place, dans un contexte de tensions politiques accrues.
La réponse de l’acteur politique Marcel Key Kadimba réagit aux critiques selon lesquelles la participation des opposants à cette réunion serait un acte de comploter contre la République ou de soutenir la rébellion, car l’ancien président de la RDC , Josèphe Kabila a toujours été accusé par le pouvoir en place d’être l’auteur de l’insécurité à l’Est du pays et parain du mouvement rebelle du M23.
Pour mieux prouver que les opposants qui se sont rendus au Kenya n’ont commis aucun péché, Marcel Kadimba procède à la comparaison des faits et des époques. Il évoque des précédents de rencontres diplomatiques ou politiques (île de Gorée, Genève, Afrique du Sud, Genval, etc.) où l’opposition a dialogué ou négocié sans conflit, sans violence, et sans représailles. Il utilise ces exemples pour affirmer que la participation ne signifie pas »infraction », mais un exercice normal de la démocratie.
Marcel Kadimba insiste sur le fait que s’engager politiquement, même dans des cadres dirigés ou initiés par d’anciens dirigeants, ne doit pas être considéré comme un acte belliqueux. Selon lui, l’opposition a le droit de se rassembler, de discuter et de partir sans crainte. Ce qui renvoie à la notion que la démocratie suppose des espaces de dialogue, même inconfortables.
Pour Kadimba, les opposants présents notamment , Seth Kikuni, l’ancien premier ministre Matata Ponyo et tant d’autres, n’ont pas à s’excuser de leur présence, mais plutôt ceux qui les critiquent devraient accepter que le débat, la concertation et l’alliance stratégique sont des composantes normales de la compétition politique.
Par sa réaction, Marcel Kadimba semble vouloir encourager l’idée que l’opposition ne doit pas se couper de toute initiative de dialogue, même si elle émane d’acteurs controversés ou d’ex-présidents. Cela peut contribuer à normaliser la participation dans des forums où tous les acteurs politiques ne partagent pas les mêmes convictions, mais ont un intérêt commun à échanger.
Marcel Kadimba, lui , semble pencher beaucoup plus pour la légitimité démocratique du dialogue.
Sa réaction apporte ainsi une perspective centrée sur le principe que la démocratie ne se limite pas à la confrontation, mais inclut aussi la capacité de l’opposition à dialoguer, à participer et à se remettre en cause. En déclarant « c’est cela aussi la démocratie », il invite les critiques à reconnaître que la politique est aussi un art du compromis et de l’échange. Même quand l’adversaire est un ancien président ou qu’on ne partage pas tous les idéaux.
Rappelons que cette initiative intervient dans un contexte très tendu, marqué notamment par la condamnation à mort de Joseph Kabila par la Haute Cour militaire pour des accusations graves (trahison).
Gabriel Musafiri








