Vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito n’écarte pas la possibilité d’un glissement électoral en cas de persistance du conflit à l’Est du pays. Selon lui, la Constitution congolaise empêche la tenue d’élections nationales si une partie du territoire échappe au contrôle de l’État, une situation déjà réelle dans plusieurs provinces affectées par la guerre contre le M23 et les ADF.
« Je ne pense pas que le président Tshisekedi souhaite un glissement, mais la guerre pourrait nous y obliger. Ce n’est pas un abus, c’est la situation qui abuse de nous », a-t-il déclaré dans une interview accordée à Jeune Afrique mardi dernier.
Muzito, qui a rejoint le gouvernement après avoir longtemps combattu le régime Tshisekedi, affirme qu’en temps de guerre, il faut dépasser les clivages politiques pour défendre la souveraineté nationale. « En période de conflit, il n’y a ni majorité ni opposition. Nous devons travailler ensemble », soutient-il.
Cette déclaration ravive le débat sur la durée réelle du mandat présidentiel et sur la possibilité que Félix Tshisekedi reste au pouvoir au-delà de 2028. Plusieurs analystes estiment qu’un tel scénario serait juridiquement défendable, mais politiquement explosif, dans un pays encore marqué par les souvenirs du glissement de 2016 sous Joseph Kabila.
Pour Muzito, l’essentiel reste la paix avant tout. «Les Congolais accepteront-ils qu’une partie d’entre eux ne participe pas aux élections ?», s’interroge-t-il. L’ancien Premier ministre rappelle enfin que la reconstruction du pays demandera « 20 à 30 ans d’efforts » avant que le Congo ne retrouve sa place dans le concert des nations.
Peu avant la chute des villes de Goma et Bukavu, Félix Tshisekedi exprimait déjà ses intentions de changer la constitution congolaise afin de s’accrocher au pouvoir. Alors que le M23 semble avoir déjoué les cartes du président congolais, la persistance de la guerre pourrait aussi lui profiter en ce sens qu’il pourrait rester à la tête du pays sans même toucher à la loi fondamentale du pays.








