Le débat autour du dialogue national en République démocratique du Congo prend une tournure plus tranchée au sein de l’opposition.
Dans un message publié sur la plateforme X, le jeudi 26 février 2026, Seth Kikuni a sèchement réagi au dernier communiqué de Martin Fayulu sur la tenue d’un dialogue en RDC. Sans détour, Seth Kikuni met en garde contre ce qu’il considère comme une démarche précipitée et déconnectée des réalités actuelles du pays.
Pour lui, aucun dialogue ne peut être envisagé tant que des préalables clairs, fermes et vérifiables ne sont pas réunis. « L’opposition n’ira pas au dialogue si celui-ci ne repose pas sur des conditions crédibles », martèle-t-il, rejetant toute participation qui servirait, selon ses mots, à « légitimer le statu quo ».
Des conditions non négociables
Le président du parti Piste pour l’Émergence ne laisse place à aucune ambiguïté. Il exige notamment :
Un cessez-le-feu effectif sur toute l’étendue du territoire ;
La fin immédiate de la répression politique ;
La libération des prisonniers politiques ;
La restitution des documents officiels confisqués ;
La levée des poursuites judiciaires à caractère politique ;
Le rétablissement complet des droits civiques.
Pour Seth Kikuni, discuter dans le contexte actuel reviendrait à cautionner un système qu’il juge verrouillé et injuste. Il affirme que participer à un dialogue sans garanties solides serait une erreur stratégique majeure pour l’opposition.
Dans son communiqué publié le même jeudi, précédant la réaction de Seth kikuni, Martin Fayulu plaidait pour un dialogue inclusif afin de répondre aux crises politiques et sécuritaires qui secouent la RDC. Mais la sortie de Kikuni révèle des fissures profondes au sein même du camp opposé au pouvoir. En adoptant un ton ferme, voire frontal, Seth Kikuni semble vouloir repositionner le débat et imposer une ligne dure face à toute initiative qui ne s’attaquerait pas d’abord aux causes structurelles de la crise.
Visiblement, un bras de fer semble s’annoncer.
Alors que certains privilégient l’ouverture immédiate des discussions, d’autres, à l’image de Kikuni, estiment que dialoguer sans rapport de force favorable reviendrait à négocier en position de faiblesse.
Si Fayulu ne pense qu’à dialoguer, Seth kikuni pense plutôt aux préalables avant l’ouverture des discussions afin d’instaurer un climat de confiance . Car le climat politique actuel est marqué par la méfiance et les tensions persistantes.
La question demeure : l’opposition parviendra-t-elle à parler d’une seule voix, ou ces divergences affaibliront-elles davantage sa capacité à peser sur l’avenir institutionnel du pays ?
La bataille ne se joue plus seulement face au pouvoir, mais aussi dans la définition même de la stratégie de l’opposition.
Gabriel Musafiri








