L’accord de Washington entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame a bien été signé, mais rien n’a changé dans l’Est de la RDC. Pendant que les images de la cérémonie tournaient en boucle sur les médias sociaux, les combats se poursuivaient dans plusieurs zones du Sud-Kivu, où des sources locales signalent des avancées du M23 et de nouveaux déplacements de population. Sur place, les habitants disent n’avoir ressenti aucune amélioration. En réalité, après l’accord ressemble déjà à avant l’accord : attaques, insécurité et aucune retombée concrète. Tshisekedi rentrera des États-Unis pour retrouver une situation toujours aussi explosive, ce qui pousse beaucoup à se demander à quoi ces journées de négociation auront réellement servi.
Même la scène de la signature a laissé un goût d’incertitude. Tshisekedi et Kagame ne se sont pas salués, évitant même de s’échanger un regard. Cette attitude a montré que la méfiance reste entière entre les deux dirigeants. Leurs déclarations n’ont pas exprimé un véritable enthousiasme, mais plutôt des paroles prudentes. Tshisekedi a lancé : «Nous nous engageons à appliquer cet accord et nous demandons au Rwanda d’en faire autant », sans montrer une conviction forte. De son côté, Kagame a dit : « Si la paix n’avance pas, ce ne sera pas la faute du Président Trump mais la nôtre », une phrase qui traduit plus un avertissement qu’un espoir. Les deux semblent conscients que ce texte n’est pas une garantie de résultats.
Sur le volet économique, plusieurs analystes voient surtout un avantage pour les États-Unis et le Rwanda. Donald Trump a insisté sur les ressources stratégiques et a présenté ces accords comme une ouverture pour l’économie américaine. Il a parlé d’un accès facilité aux minéraux essentiels comme le cobalt et le coltan, laissant penser que Washington sécurise d’abord ses propres intérêts. Cela donne l’impression que la RDC n’a pas obtenu de mesures fortes pour améliorer la situation sécuritaire à l’Est, alors que la crise continue de s’aggraver. Pour beaucoup, cet accord ressemble davantage à une opportunité économique pour d’autres qu’à une solution réelle pour le Congo.
Pendant ce temps, la réalité sur le terrain reste dramatique. Dans plusieurs localités du Sud-Kivu, les combats ont continué au moment même où les dirigeants se trouvaient à Washington. Selon les sources locales, les rebelles se sont renforcés et ont multiplié les attaques. Pour les habitants, il est incompréhensible qu’un accord de paix soit signé alors que la violence augmente en parallèle. Cette contradiction renforce l’idée d’un texte déconnecté de la réalité, surtout que Kinshasa accuse depuis longtemps Kigali de soutenir ces groupes armés. Beaucoup se demandent comment la paix peut commencer sur papier alors que la guerre continue dans les villages.
L’accord reste donc entouré d’un profond scepticisme. Les Congolais ont déjà vu plusieurs engagements signés sans jamais aboutir sur des changements concrets. Le manque de confiance est visible, alimenté par l’attitude froide des deux présidents et par la poursuite des combats dans l’Est. Tant que les populations ne constateront pas une amélioration réelle dans leurs vies, ce document sera perçu comme une promesse de plus, sans effet tangible. À ce stade, Washington n’a rien réglé, et la paix reste encore un mot, pas une réalité sur le terrain.








