La plénière tenue le mercredi 26 novembre à l’Assemblée nationale a été largement dominée par l’audition du ministre de la Santé, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel-Roger Kamba, interpellé sur deux dossiers brûlants : la montée fulgurante des interventions esthétiques de type Brazilian Butt Lift (BBL) à Kinshasa et la progression du choléra dans plusieurs provinces du pays. L’honorable Guy Mafuta, à l’origine de la première question, a alerté sur l’expansion rapide de ces pratiques dans la capitale, en dehors de tout contrôle sanitaire.
Réagissant devant les élus, le ministre Kamba a affirmé que la totalité des structures proposant des opérations esthétiques en RDC fonctionne en violation complète du cadre légal. Il a dénoncé l’usage d’équipements non homologués, l’emploi de produits dangereux et l’implication de prestataires sans qualification médicale. D’après lui, les injections et transferts de graisse réalisés dans ces officines exposent les patientes à des risques majeurs, allant d’infections sévères aux embolies graisseuses, jusqu’à des décès. Face à ces dérives, le gouvernement a décidé de suspendre sur-le-champ toute activité liée à la chirurgie esthétique dans le pays, en appelant les jeunes femmes à ne plus recourir à ces services clandestins. Le ministre a également rappelé la pénurie criante de spécialistes en RDC, avec dix-sept provinces dépourvues de médecins formés en chirurgie plastique.
La recrudescence du choléra a ensuite constitué le second point central de l’audition, à la suite de l’interpellation de l’honorable Laddy Yangotikala. Le ministre de la Santé a reconnu la gravité de la situation, tout en soulignant les progrès observés à Kinshasa, où seulement cinq cas sont encore actifs, contre plusieurs dizaines récemment. Le même recul se dessine dans d’autres zones de l’Ouest, grâce à des actions renforcées : amélioration de l’accès à l’eau potable, intensification de la surveillance épidémiologique et prise en charge rapide des malades. Le gouvernement suit également de près d’autres pathologies comme le MPOX et la rougeole, dont la circulation reste préoccupante dans certaines provinces.
À l’issue de l’échange, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Isaac JC Tshilumbayi, a salué la clarté et la conformité des réponses fournies par le ministre Kamba, estimant que la plénière avait rempli son devoir hebdomadaire au regard des articles 191 et 192 du règlement intérieur. La séance s’est terminée dans un climat apaisé, après plusieurs heures consacrées à ces dossiers sensibles pour la santé publique.








