Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, traverse une période incertaine. Depuis plusieurs mois, la ville peine à faire face à la saleté, aux inondations, aux embouteillages et à une criminalité qui inquiète de plus en plus les habitants. Pour beaucoup de Kinois, la situation s’est détériorée et ils ne voient pas d’amélioration malgré les promesses du gouvernement provincial.
La pression ne vient pas seulement de la population. Le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a récemment envoyé une mission d’audit pour examiner la gestion financière de la capitale depuis 2024. Cette équipe doit également vérifier comment les marchés publics ont été exécutés et évaluer l’état réel des travaux lancés dans la ville. C’est un signal fort qui montre que Kinshasa est sous observation stricte.
À cette première mission s’est ajoutée une autre, cette fois envoyée directement par la Présidence de la République. Elle porte sur la gestion du Fonds d’Assainissement de Kinshasa (FONAK). Cette double surveillance place clairement Daniel Bumba dans une situation délicate, surtout qu’il est déjà cité dans plusieurs enquêtes depuis le début de son mandat.
Ces contrôles successifs sont un signal d’alerte selon certains proches du pouvoir, qui y voient un possible avertissement politique. Pour plusieurs analystes, voir le ministère de l’Intérieur et la Présidence intervenir presque en même temps n’est pas anodin. Cela montre que le dossier Kinshasa est devenu une priorité au niveau national et que la gestion provinciale ne convainc plus.
Dans son propre camp, les critiques se multiplient. Honoré Mvula, cadre de la mouvance présidentielle, a publiquement appelé le gouverneur à démissionner. Selon lui, la ville est devenue ingouvernable, et face à l’accumulation des audits, Daniel Bumba devrait laisser la justice faire son travail. C’est une position rare venant d’un soutien du pouvoir central, ce qui renforce l’idée que le climat politique entourant le gouverneur s’est fortement tendu.
Honoré Mvula pointe également du doigt l’Assemblée provinciale de Kinshasa, qu’il accuse de rester silencieuse alors qu’elle devrait jouer son rôle de contrôle. Pour lui, ce silence ressemble à une forme de complicité, d’autant que plusieurs éléments demanderaient une motion ou au moins une interpellation. Cette critique relance le débat sur l’indépendance réelle des institutions provinciales.
Pendant ce temps, sur le terrain, les Kinois continuent d’exprimer leur ras-le-bol. Beaucoup estiment que la ville est livrée à elle-même. Les tas d’ordures, les routes impraticables après la moindre pluie, les bouchons interminables et les actes de banditisme sont devenus le quotidien. Certains habitants disent ne plus voir l’action du gouvernement provincial, même dans les secteurs les plus urgents.
L’enchaînement des contrôles nationaux, la montée des critiques internes et l’agacement de la population mettent Daniel Bumba dans une position fragile. Pour plusieurs observateurs, il se retrouve désormais sur une véritable chaise éjectable. Le gouverneur n’a pas encore réagi officiellement, mais beaucoup estiment que son avenir dépendra du résultat des audits en cours.
Tant que ces enquêtes ne sont pas terminées, l’incertitude plane. Mais pour de nombreux Kinois, une question domine déjà : Daniel Bumba pourra-t-il terminer son mandat, ou sera-t-il poussé vers la sortie plus tôt que prévu ?








