Une lettre ouverte adressée ce vendredi 17 octobre 2025 au ministre congolais des Infrastructures et Travaux publics interpelle le gouvernement sur la gestion jugée opaque du contrat liant l’entreprise DOT SARL à l’État congolais dans le cadre des travaux de réhabilitation et de construction de la route Kasindi-Beni-Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Le document, signé par Me Guyguy Kasereka Kisunga dit avocat de « bonnes causes » appelle à la transparence et à la redevabilité dans la conduite de ce chantier routier d’intérêt stratégique.
Dans sa correspondance, l’avocat souligne la nécessité pour le gouvernement de communiquer publiquement le montant total alloué au projet, la durée du contrat ainsi que le montant déjà versé à l’entreprise DOT SARL. Selon lui, « rien de concret ni de sérieux n’est visible sur le terrain », malgré les annonces officielles et les financements déjà engagés. Ce manque de visibilité, estime-t-il, remet en cause la crédibilité des acteurs impliqués et alimente la méfiance de la population envers les institutions publiques.
La lettre évoque un problème plus large de gouvernance des projets publics en République démocratique du Congo. Pour Me Kasereka Kisunga, plusieurs programmes d’infrastructures connaissent le même destin : des fonds décaissés sans résultats tangibles.
« Une telle situation fragilise la confiance des citoyens et entraîne d’énormes pertes financières pour l’État », dénonce-t-il, tout en appelant à un sursaut d’intégrité et de responsabilité au sein du ministère des Infrastructures.
L’auteur de la lettre attire aussi l’attention sur l’état « alarmant de la route Beni-Butembo, devenue quasi impraticable. Des chauffeurs et autres usagers de cette voie stratégique, indique-t-il, réclament même le retour de l’entreprise Jerryson Construction, jugée plus performante lors des précédents travaux sur le même axe. Cette comparaison met davantage en lumière les doutes entourant la performance de DOT SARL.
Face à ce tableau sombre, Me Guyguy Kasereka Kisunga exhorte le ministre à rétablir la transparence, la crédibilité et l’efficacité dans la gestion du projet. Il estime que la population a droit à la vérité sur l’utilisation des fonds publics et sur l’état réel d’avancement des travaux.
« La confiance du peuple en ses dirigeants dépend de la manière dont ces derniers gèrent les ressources nationales », conclut-il dans sa missive, plaidant pour une gouvernance plus rigoureuse et responsable.








