À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée ce 16 octobre, le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a lancé un message à la nation congolaise. S’inscrivant dans la vision de Félix-Antoine Tshisekedi selon ses propres termes, il a réaffirmé la priorité accordée à la sécurité alimentaire et au développement du secteur agricole, longtemps fragilisé par le manque d’investissements, la dépendance extérieure et l’insécurité dans plusieurs zones rurales du pays.
Le ministre Nzangi a rappelé que la lutte contre la faim et la sous-alimentation constitue l’un des engagements phares du mandat du chef de l’État.
« Le Président a voulu marquer son mandat par une réponse forte face à la famine », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de permettre aux Congolais de jouir pleinement du potentiel agricole de leur terre. Pour y parvenir, dit-il, le gouvernement mise sur une approche structurée autour de cinq grands piliers censés transformer durablement le paysage agricole national.
Le premier axe concerne la politique semencière, avec une loi sur les semences attendue au Parlement avant la fin de l’année. Celle-ci devrait favoriser une chaîne de valeur locale, relancer des institutions clés comme l’INERA et le SENASEM, et garantir la souveraineté du pays dans ce secteur stratégique. Le ministre a également annoncé la relance de la production locale d’intrants agricoles, notamment les fertilisants et pesticides, afin de réduire la dépendance extérieure. En parallèle, une réforme du Code agricole vise à attirer les investisseurs tout en soutenant les petits producteurs, cœur du tissu rural congolais.
Un autre pilier fort est celui de la mécanisation. Muhindo Nzangi a révélé qu’un vaste programme de motorisation agricole est en cours, avec plus de 5 000 tracteurs attendus pour équiper les brigades agricoles à travers toutes les provinces. Cette modernisation vise à rompre avec l’agriculture manuelle encore dominante et à accroître la productivité. Par ailleurs, la question du stockage et de la commercialisation est aussi au centre de cette stratégie : le gouvernement encourage la création de coopératives afin de limiter les pertes post-récolte et d’améliorer la compétitivité des produits agricoles sur le marché.
Le ministre d’État a mis en avant une vision tournée vers l’avenir, avec une stratégie spéciale pour les cultures pérennes telles que le café, le cacao, le palmier à huile ou le caoutchouc, déjà relancée dans plusieurs provinces, notamment à Beni, Bunia, Kisangani, Maï-Ndombe et Lubumbashi.
« Nous devons valoriser notre sol avant notre sous-sol », a-t-il insisté, invitant la population à s’approprier cette révolution agricole agressive pour bâtir une véritable souveraineté alimentaire.
Sous le thème « Main dans la main pour une sécurité alimentaire et un avenir meilleur », la Journée mondiale de l’alimentation a ainsi pris, en RDC, une dimension particulière, celle d’un appel collectif à reconstruire l’économie du pays à partir de son agriculture, socle de toute prospérité durable.








