Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a invité son homologue congolais Félix Tshisekedi à se rendre en Ukraine pour une visite officielle. L’annonce a été faite vendredi 3 octobre dernier à l’issue d’un entretien téléphonique entre les deux chefs d’État, qui ont convenu d’approfondir leur coopération dans plusieurs domaines stratégiques.
Selon les autorités ukrainiennes, les échanges ont porté sur la défense, l’agriculture technologique, la décentralisation énergétique et la numérisation des services publics.
«L’Ukraine est disposée à collaborer dans de nombreux secteurs. La RDC a marqué son intérêt et nos équipes vont approfondir les discussions afin d’aboutir à un partenariat mutuellement avantageux», a déclaré le commandant en chef des forces armées ukrainiennes.
Au-delà des annonces officielles, cette invitation revêt une portée symbolique. La RDC et l’Ukraine partagent aujourd’hui un destin commun : celui d’être agressées par leurs voisins respectifs.
L’Ukraine, depuis février 2022, subit l’invasion militaire de la Russie, qui a provoqué la destruction massive de ses infrastructures et de ses villes.
La RDC, quant à elle, fait face depuis plusieurs années à la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda voisin, qui a déjà conquis plusieurs territoires dans l’Est du pays.
Dans les deux cas, ces États se retrouvent confrontés à des puissances voisines déterminées à saper leur souveraineté et à redessiner leurs frontières.
Autre parallèle : la RDC comme l’Ukraine ont toujours sollicité l’appui de la communauté internationale pour défendre leur intégrité territoriale. Kiev compte sur le soutien militaire, diplomatique et financier de ses alliés occidentaux pour résister à Moscou. Kinshasa, de son côté, multiplie les plaidoyers auprès des Nations unies, de l’Union africaine et des partenaires bilatéraux pour que cessent les ingérences extérieures et les violations de son territoire.
Pour certains analystes, cette convergence des luttes pourrait constituer une base solide pour un rapprochement diplomatique inédit entre les deux pays.
Si ce partenariat venait à se concrétiser, il marquerait une étape importante dans la diversification des alliances de la RDC. Pour Félix Tshisekedi, il s’agirait non seulement d’afficher sa solidarité avec une nation en guerre, mais aussi de rappeler au monde que son pays vit, lui aussi, sous la menace permanente d’une agression extérieure.
Au-delà des projets de coopération dans l’énergie ou la numérisation, le rapprochement entre Kinshasa et Kiev porterait surtout un message politique : celui de deux États meurtris, qui refusent de céder face à leurs voisins plus puissants et qui cherchent, par la diplomatie, à renforcer leur résilience.








