Le régime de Kigali est maintenant hanté par le spectre d’un coup d’Etat. Lui qui s’est déjà évertué à déstabiliser la région des Grands Lacs soupçonne maintenant des manoeuvres qui visent à renverser les institutions dans son pays. La peur semble avoir changé de camp.
Tout part de derniers événements qui opposent Kagame à Ndayishimiye. En effet, il y a peu, Kigali a soutenu les rebelles burundais Red Tabara qui ont fait une vingtaine de morts à Gatumba (Burundi) dont essentiellement des soldats.
Pour le régime de Gitega-Bujumbura, cela est inacceptable. Pour répondre coup sur coup à l’acte provocateur, le Burundi a fermé sa frontière avec le Rwanda puis a expulsé les ressortissants rwandais visant sur son sol.
Ainsi les tensions sont-elles de nouveau réparties entre les 2 États après quelques mois seulement d’une accalmie. Mais, à la base, Paul Kagame, lui qui, en dépit de toutes les bonnes volontés affichées par ses homologues de la région, ne semble disposer qu’à n’entendre que le langage des armes.
Le dimanche 21 janvier dernier à Kinshasa, Evariste Ndayishimiye a remué le couteau dans la plaie. Devant les jeunes congolais, il a abordé le sujet et n’a pas hésité à qualifier Paul Kagame de « menteur, déstabilisateur de la sous-région, hypocrite, agresseur, saboteur ». Puis, en marge, il n’a pas caché son intention de dresser les Rwandais contre leur dirigeant qui a déjà imposé une prison à ciel ouvert au Rwanda.
« Notre lutte doit continuer jusqu’à ce que le peuple rwandais commence à se faire pression », a-t-il notamment dit.
Mais à Kigali, la conférence de presse du dirigeant burundais n’est pas passée inaperçue. Les autorités rwandaises ont aussitôt dénoncé des propos incendiaires qui visent à diviser les Rwandais et à provoquer un coup d’Etat populaire.
« Le président Ndayishimiye a formulé des allégations infondées et incendiaires visant à diviser les Rwandais, mettant en danger la paix dans le région des Grands Lacs. Les Rwandais ont travaillé avec diligence pour renforce l’unité et favoriser le développement du pays. Pour quiconque tente de miner ce progrès en appelant les jeunes rwandais à renverser leur gouvernement, c’est préoccupant », écrit Kigali.
À Kinshasa, on continue également de pointer du doigt Kagame. Il y a peu, Tshisekedi l’a même qualité de dirigeant rétrograde dont l’Afrique devrait se débarrasser. Il faisait alors allusion aux intentions expansionnistes du dirigeant rwandais.
Charles Mapinduzi








